mardi 2 février 2010

Secrétaire chez Possibles Média

Travaillez dans un milieu stimulant, faisant appel à votre sens de l'organisation, dans un secteur offrant d'excellentes opportunités d'avancement.

Responsabilités reliées au poste:
- Soutient à la coordination des productions ;
- Assistance en secrétariat au travail du producteur et des réalisateurs ;
- Responsable de la petite caisse ;
- Entrée des factures de fournisseurs ;
- Suivi du processus des comptes payables et dépôts ;
- Émettre la facturation ;
- Travail avec les responsables de la comptabilité pour exécution de travaux connexes.
Qualifications requises:
- Excellent français écrit et parlé ;
- Bon niveau d’anglais ;
- Expérience pertinente;
- Titulaire d'un DEC ou DEP ;
- Connaissance de Word, Excel.
- Autonomie
- Expérience des logiciels Simple Comptable ou MYOB un atout. Une bonne capacité de gestion financière est indispensable.


Faire parvenir un C.V.et courriel d'intérêt à caillusroche@rocketmail.com.
Les candidats retenus sur la base du C.V.et du courriel d'intérêt seront appelés pour rencontre.


vendredi 6 novembre 2009

LA BELLE CONNIVENCE -- La Perte et le lien : Entretiens sur le cinéma, la culture et la société - Bernard Émond et Simon Galiero

Après des études en anthropologie, Bernard Émond a travaillé dans le Grand Nord canadien, à la télévision inuit. Il est arrivé au cinéma par le documentaire. Ses films et leurs comédiens ont remporté plusieurs prix au Québec et à l'étranger. Il a aussi écrit le scénario de Ce qu'il faut pour vivre, gagnant du Jutra du meilleur film en 2009. Pour sa part, La donation s'est déjà démarquée aux festivals de Locarno et de Toronto.

Simon Galiero est coéditeur de la revue électronique Hors Champ et réalise des courts métrages depuis 1998. Il a remporté en 2008 le Prix Jutra du meilleur court/moyen métrage pour Notre prison est un royaume. Il a réalisé cette année son premier long métrage, Nuages sur la ville.

Bernard Émond livre ici une stimulante réflexion sur l'importance pour le Québec de renouer avec son patrimoine culturel et spirituel. Série de trois entretiens avec Simon Galiero publiée à l'occasion de la sortie du film La donation, La perte et le lien raconte la création de la trilogie commencée avec La neuvaine et Contre toute espérance. Bernard Émond y approfondit le sens de chacun de ces films, expliquant à la fois son respect pour l'héritage chrétien et les raisons de sa non-croyance. Mais le livre va au-delà de la trilogie : il dévoile le parcours tout en contrastes dont émane l'ensemble de l'œuvre de Bernard Émond. Il traite de sa conception du film comme une fable, de son esthétique dépouillée inspirée de Bergman, de l'importance accordée dans son œuvre à des lieux emblématiques de l'histoire du Québec, et de son travail avec des comédiens comme Élise Guilbault, Guylaine Tremblay et Luc Picard. Enfin, Bernard Émond et Simon Galiero partagent leur point de vue sur la réalité de la société québécoise contemporaine et dénoncent la rupture de celle-ci avec son histoire, un déracinement qui la laisse à la merci du néolibéralisme et d'une culture du divertissement souvent abrutissante.

À la faveur d'une belle connivence, les deux cinéastes vont au-delà du simple échange de questions et de réponses pour élaborer ensemble une réflexion soutenue, captivante, cohérente et décapante.




Éditeur : Médiaspaul Canada

ISBN : 9782894208014 (2-89420-801-4)
Pages : 176
Date de publication : 2009-11-06

lundi 2 novembre 2009

NUAGES SUR LA VILLE AU FICAT -- CLASSE DE MAÎTRE

DANS LE CADRE DE LA 28E ÉDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE CINÉMA EN ABITIBI TEMISCAMINGUE

http://www.festivalcinema.ca/index.asp?varLangue=FR&varPage=classe

Assistez à la présentation du film NUAGES SUR LA VILLE et échangez avec le réalisateur, Simon Gailero, le producteur Serge Noël, et les comédiens Robert Morin et Jean-Pierre Lefebvre.

Mardi 3 novembre 2009 à 9 h

Cette classe de Maître s'adresse aux étudiants en cinéma et à un public initié.

Au Cinéma Paramount
155, Perreault Est
Rouyn Noranda


* * * * *
NUAGES SUR LA VILLE
Meilleur film canadien (FNC Montréal 2009)

lundi 26 octobre 2009

Nuages sur la ville de Simon Galiero - Notre royaume est une prison

http://revue24images.com/kiosque.php?type=extraits&edition=144#977


par Marie-Claude Loiselle

Dès la séquence initiale de Nuages sur la ville, Simon Galiero, qui signe ici son premier long métrage, adopte une facture qui, même si elle doit beaucoup au cinéma québécois des années 1960 (le fait que Jean Pierre Lefebvre interprète un des personnages principaux n’est pas étranger à ce sentiment de filiation), installe d’emblée un climat qui compose un objet étonnant et unique dans notre cinématographie. Ainsi, les plans qui forment la construction énigmatique précédant le générique de début nous plongent dans un espace mental indéfini – entre réminiscences du rêve raconté par Jacek et évocation du film à venir tel que rêvé par le cinéaste –, qui annonce déjà un récit qui s’élaborera par glissements opérés de l’univers d’un personnage à celui d’un autre, chacun apparaissant en décalage par rapport à l’ensemble, bien qu’un lien ténu les unisse : Michel (Robert Morin), ex-gardien de sécurité au chômage, trouve un nouvel emploi (dans un zoo !) grâce à Jean-Paul (J.P. Lefebvre), écrivain « déchu » qui gagne sa vie comme fonctionnaire. Il est par ailleurs ami de longue date de Jacek, intellectuel d’origine polonaise qui se désespère d’être témoin du déclin de la culture qu’il affectionne et de voir les hommes ne plus « ressentir de culpabilité » devant le sort de leurs semblables. Cette juxtaposition de destinées présente différentes façons d’habiter le monde et de chercher sa place dans la société – en y adhérant ou en le rejetant – à une époque où cette société engendre sans cesse plus d’exclus et de marginaux.


Ici, les « marginaux », Jean-Paul, Jacek, Michel et son frère Marcel, sont des mésadaptés ordinaires, comme en produit par milliers l’idéologie productiviste ambiante; des solitaires désarmés face à un environnement impitoyable et matérialiste, dans lequel chacun veille avant tout à sa survie, comme le rappelle Janusz lors de sa querelle philosophique cocasse avec Jacek. Tous gravitent autour de la figure centrale de Jean-Paul, écrivain sans éditeur et en panne d’inspiration (et de motivation), hanté par l’idée que la littérature moderne n’intéresse plus personne (elle est « passée date », déclare son ancien éditeur) et que de toute façon, comme lui dit sans détour sa fille, « qu’est-ce que ça change que tu écrives ou non »; miné aussi par le fait que même par le travail utilitaire qu’il pratique au sein de la fonction publique, il ne peut aider personne, parce que « le système n’est pas fait pour ça ». Le tableau que le cinéaste brosse ici d’une communauté en déroute n’a pourtant rien du cynisme postmoderne qui plombe bon nombre de réalisations de la jeune (et moins jeune) génération. Si les personnages que le film met en scène portent sur leurs épaules le fardeau des dérives du monde contemporain, le regard du cinéaste, lui, demeure sensible et bienveillant, leur accordant la densité d’une existence réelle révélée dans toute sa dimension humaine.


L’intelligence du film vient aussi de ce que Galiero sait recourir habilement aux ruptures de ton. Pas plus la critique sociale mordante qui sous-tend le récit de
Nuages sur la ville que l’angoisse qui tenaille les personnages ou les questions philosophiques dont débattent Jacek et Janusz au cœur de la forêt, qui condensent tout ce que l’écart entre les générations peut engendrer d’incompréhension, n’excluent pour autant l’irruption inopinée de notes humoristiques particulièrement jubilatoires : que l’on pense au cours de conditionnement physique donné par Marcel, paraplégique, ou au jeune Martin qui, après s’être rendu faire quelques achats au dépanneur du coin, ne retrouve plus la maison de sa nouvelle petite amie au milieu d’un nouveau quartier de banlieue où toutes les maisons sont identiques.


C’est qu’ici rien ne pèse et que chaque séquence est susceptible de laisser surgir un élément insolite ou déstabilisant. Il est difficile de définir à quoi tient la singularité de ce film sinon précisément en l’abordant par ce qu’il a d’insaisissable, en notant cette manière particulière de faire cohabiter un réalisme prosaïque et une fantaisie onirique qui ne franchit pourtant jamais la frontière du vraisemblable –, ce en quoi le noir et blanc du directeur photo Nicolas Canniccioni participe magnifiquement. Sur cet univers aussi vrai que dans un rêve (ou un cauchemar) plane sans cesse une menace imprécise et oppressante venue du ciel, un grondement, qui peut être celui d’un avion ou d’un orage imminent, ou ni l’un ni l’autre, comme une rumeur de fin du monde (de la fin d’un monde). Tout cela sous le regard silencieux et troublant, presque inquiétant, des animaux qui habitent le film de leur présence énigmatique, comme s’ils cherchaient à nous adresser une question, à nous, humains. Et l’insistance de leur regard finit par nous faire douter de qui regarde qui. Lequel, de l’homme ou de l’animal, est le moins libre ? Notre royaume serait-il en vérité une prison ?
1

1. Le précédent film de Simon Galiero s’intitulait
Notre prison est un royaume. Il a reçu le Jutra du meilleur court métrage en 2008.

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