jeudi 11 juin 2009
Demain ou jamais
lundi 25 mai 2009
EN COURS
Dans ses premiers 18 mois d’existence Possibles Média Inc a produit ses deux premiers films. D’abord Fragments Vidéo No.32 (court métrage de S. Noël), présenté au FNC l’automne dernier. Suivi par Nuages sur la Ville, premier long métrage du récipiendaire du Jutras court métrage 2008, Simon Galliero, film dont l’entreprise cherche actuellement à financer la finition.
Cette période de démarrage aura aussi vu le développement et l’acquisition de droits de divers projets long métrage (lm), dont Disparus de Jeremy Peter Allen, La Météore de Frédéric Lapierre — actuellement en demande de financement à l’écriture — en plus de voir le financement de la version finale de L’entendement par la Sodec. Ce dernier projet, présentement en casting, ira en financement à l’automne 2009.
Tout récemment, Demain, j’irai dans les champs (cm de Serge Noël) a aussi été financé en production au secteur privé de la Sodec, un projet qui annonce et s’inspire du scénario d’Apocalypse Indifférence (lm), lui toujours en écriture. Un projet de webisodes, Les Traces, est aussi en développement au sein de l’entreprise.
vendredi 15 août 2008
Tête à tête avec Simon Galiero

samedi 26 juillet 2008
Nuages sur la ville pendant la nuit : filmer son mentor
mardi 17 mai 2005
LE FIL À LA PATTE - L'intellectuel sans domicile fixe - Première partie : Le réalisme économique et l'idiot savant
Le cinéaste est comme l'architecte : sa capacité à exercer et à faire
connaître son art est fortement tributaire de ses rapports avec les
plus puissants d'une société, ceux-ci lui donnant d'abord les moyens
de vivre, puis ceux de créer, et de faire rayonner son travail. Ces
liens existent évidemment dans tous les autres Arts, à des degrés
divers. Ils sont néanmoins au cinéma et à la télévision, le véritable
nœud de cette question de l'errance intellectuelle, manière de
tourner en rond, un fil à sa patte : chacun avançant aujourd'hui, en
gardant bien son intérêt en vue, sa valeur marchande, ses contacts au
chaud, son prochain contrat.
Il me semble ainsi que la figure de l'intellectuel sans domicile
fixe, proposé comme ancrage du No. 268 de Liberté, vise juste. Non
seulement au sens métaphorique, en décrivant le lot de « l'armée de
réserve intellectuelle » que sont les pigistes, sans foi ni patrie,
aussi désœuvrés que mercenaires. Mais elle est juste au sens propre
aussi, en dessinant le profil du repoussoir ultime d'une étrange
classe sociale, celui de l'idiot savant, sorte de mésadapté
économique, porteur d'une science sans valeur aucune. On ne refait
pas son époque, et aujourd'hui le « réalisme économique » fait loi.
JOYEUX CALVAIRE
Chez les créateurs de cinéma d'aujourd'hui, pour éviter cette déroute
de l'idiot savant, les considérations artistiques sont ainsi vites
remplacées par celles de faisabilité, elles-mêmes tributaires d'une
certaine idée tordue de « rentabilité ». Une rentabilité qu'on évalue
dans les institutions fédérales en terme quantitatif. Sans aucune
considération pour l'objectif de diversité culturelle qui est la
raison d'être du ministère. Une performance quantitative qui n'est,
on le verra, que le cache-sexe des intérêts personnels d'un groupe de
producteurs établis, ceux d'un népotisme financier-culturel,
dépendants de l'État. Et tout cela, alors que le fédéral se
désinvestit de sa responsabilité de gestion des fonds publics, de la
responsabilité qui lui échoit de défendre notre souveraineté culturelle.
Afin de dresser ce portrait, et de le rendre compréhensible, ce texte
se propose d'analyser les rapports entretenus entre les intellectuels
et les diverses organisations de notre société, et ce, à l'aide du
cadre systémique d'Antonio Gramsci. Dans une perspective historique,
on verra comment des changements idéologiques amorcés dans le
contexte d'un désillusionnement généralisé à l'égard de l'État
permettront l'émergence d'un discours justifiant le désengagement de
celui-ci. On verra que les fonds publics ne servent plus désormais à
défendre la souveraineté culturelle, sa spécificité, mais plutôt à la
vénération du Nombre.
C'est dans ce contexte de désengagement et de déresponsabilisation
que se vit l'errance actuelle de l'intellectuel. Errance qui se fait
dans une société désespérante, affichant partout une allégresse de
commande, celle, notamment, d'un gros cinéma –souvent humoristique
mais toujours racoleur, issu néanmoins du travail de créateurs
précarisés. Mais avant d'aller plus loin, penchons-nous, tel que
promis, sur notre cadre théorique, définissons la fonction des
intellectuels dans les sociétés occidentales à l'aide des textes
d'Antonio Gramsci (1891-1937), dont l'analyse fleure clairement la
bonne systémique marxiste :
Les intellectuels sont les « commis » du groupe dominant pour
l'exercice des fonctions subalternes de l'hégémonie sociale et du
gouvernement politique, c'est-à-dire :
- de l'accord « spontané » donné par les grandes masses de la population à l'orientation imprimée à la vie sociale par le groupe fondamental dominant, accord qui naît « histori-que-ment » du prestige qu'a le groupe dominant (et de la con-fiance qu'il inspire)
du fait de sa fonction dans le monde de la production ;
- de l'appareil de coercition d'État qui assure « légalement » la discipline des groupes qui refusent leur « accord » tant actif que passif ; mais cet appareil est constitué pour l'ensemble de la société en prévision des moments de crise dans le commandement et dans la direction, lorsque l'accord spontané vient à faire défaut.
==> VOIR: Antonio Gramsci, Gli intellectuali e l'organizzazione della cultura, Turin, Einaudi, 1964, p.9. ; Trad. Œuvres choisies, Paris, Édition Sociales, p.436.
Des écrits seront dans l'ensemble publiés de façon posthume, Gramsci ayant écrit une bonne part de son œuvre en captivité.
lundi 16 mai 2005
LE FIL À LA PATTE - L'intellectuel sans domicile fixe - Deuxième partie : Conditions de l'expression de l'intellectuel
- les créateurs se sont montrés capables de se regrouper pour défendre leur liberté de parole, liberté qu’ils savaient dépendre d’une certaine indépendance matérielle : ils étaient donc porteurs d’une idée commune de leur fonction et de son éthique, ce que Gramsci appelle l’esprit de corps ;
- il y a alors cohésion entre tous les créateurs du cinéma et de la télévision, réalisateurs, interprètes et techniciens, découlant de leurs rapports de travail soutenus ;
- et finalement, il y a une part significative de la société civile, et des intellectuels historiques, qui, en réaction au pouvoir hégémonique de l’État, étaient intéressés par les questions d’analyse et de critique dans la société.
dimanche 15 mai 2005
LE FIL À LA PATTE - L'intellectuel sans domicile fixe - 3e partie : Une image de soi venue d'ailleurs
Pour comprendre le cinéma et la télévision au Québec et au Canada, il faut d'abord comprendre l'histoire des rapports entre ceux-ci et les États-Unis. La question d'une production nationale canadienne s'est en effet toujours posée en terme concurrentiel avec les « States. »
Et pour comprendre ce rapport, il faut savoir que calcul qui suit est toujours vrai aujourd’hui en multipliant, grosso modo par 10.
« Si un film tourné au Canada pouvait payer ses frais au moyen de sa location à des théâtres au Canada il y aurait quelque espoir d'établir chez nous une industrie permanente de production », dit H. C. Plummer en rendant compte d'un interview avec un producteur de film dans un article de Canadian Business. Mais comparez un instant ces chiffres : (1) les meilleurs films de Hollywood font leur maximum au Canada quand leur location rapporte $200,000 de recettes brutes. Un film moyen rapporte un montant brut de $25,000 ou moins. (2) Pour faire un film, il faut au moins des centaines de mille dollars et souvent des millions. En supposant qu'un film vous coûte $250,000 vous ne pouvez pas en tirer assez au Canada, même s'il vous rapportait autant que le meilleur film de Hollywood, pour payer ses frais de production.
L'article ajoute : « Le Canada doit compter entièrement sur l'exportation pour faire marcher l'industrie du film. »
==> VOIR DANS : Auteur Inconnu, « Le Film dans l’Éducation et l’Industrie », Bulletin Mensuel de la Banque Royale du Canada, Numéro de Février 1948, p.2
Des années 1920 jusqu'aux années 1970, la stratégie canadienne sera à cet égard constante, et double. Le premier volet de la stratégie consiste à aller chercher sa part de l'activité économique reliée aux tournages américains, sorte de Pacte de l'automobile, version cinéma. L'autre volet de la stratégie part du constat qu'une industrie canadienne autofinancée, reproduisant les modes de production états-uniens, n'est pas viable . Il y aura donc mise en place d'institutions fédérales, l'ONF et Radio-Canada qui pallient cette incapacité. La première, pour les besoins d'information et de propagande de l'État, comme cela est courant pour les États à l'époque, la seconde, pour offrir un contrepoids à l'envahissante production télévisuelle américaine.
Si l'on connaît bien les résultats du deuxième volet, il faut savoir que ceux du premier seront au mieux mitigés. D'abord, les tournages resteront rares. Ensuite, ils présentent une vision stéréotypée à l'extrême du Canada : grands espaces, police montée et vilains coureurs des bois. Ces productions aliénées, qui en choquent plus d'uns, connurent leur apogée dans les années 1930 avec les « quota quickies ». Ces films sont en fait des productions série B qu'Hollywood multiplie pour contourner les lois de l'Angleterre limitant l'importation des films étranger, cela en tournant avec des réalisateurs anglais dans un pays du Commonwealth... en l'occurrence le Canada.
Voilà comment la différence entre industrie matérielle et culture se fit d'abord sentir ici. C'est pourquoi, quand les films français deviennent inaccessibles à cause de la guerre, des industriels québécois s'allieront vers 1940 au clergé pour mettre en place une industrie commerciale de production francophone. L'idée d'une représentation juste de la réalité nationale est au cœur de ces efforts :
« Le Canada possède une mise en scène incomparable pour la création d'une industrie du film sur une grande échelle », dit M. l'abbé A. Vachet, directeur de Renaissance Film Distribution, Inc. « C'est un pays qui abonde en matériel pour toutes sortes d'aventures émouvantes sur terre et sur mer, émaillées d'incidents romanesques et historiques. (…) Une certaine mesure de romantisme et de brutalité ne nuit pas, tant que la justice triomphe et que l'action ne comporte pas la gendarmerie à cheval en grande tenue à la poursuite de bandits dans les environs du cercle arctique, ou des bûcherons parcourant la rue Sainte-Catherine en raquettes et en chantant Alouette.
==> VOIR : Auteur Inconnu, loc. cit « Le Film dans l'Éducation et l'Industrie », p.2.
Malheureusement, avec l'arrivée de la télévision, le cinéma perd graduellement 50% de sa fréquentation après 1952. C'est dans ce contexte que le cinéma naissant d'un Québec industrialisé par la guerre tente de prendre son envol. Hollywood, devant cette chute de fréquentation, ne peut se permettre le luxe de perdre également des marchés. Il réagit en bloquant, de son mieux, l'accès aux salles aux films nationaux. D'un même mouvement, à Ottawa, les amis américains jurent, une main sur le cœur, qu'ils vont maintenant tourner au Canada une partie de leurs films de qualité. On leur fera confiance sans mettre de réglementation en place. Cela mènera Hichtcock à tourner I Confess à Québec, un film qui au final sera l'expressionultime d'une rare exception, plutôt que de la règle.
Heureusement, providentiellement même pour le Québec, la télévision francophone prendra le relais. Notre victoire historique des vues animées se fera ainsi, à la télé, et non au cinéma : une télé qui donne régulièrement au grand public une image du Québec issue du Québec. Par des réalisateurs qui revendiquent même parfois leur esthétique de pauvre, tout en réussissant à s'allier une large part du public. En témoigne le travail de réalisateur de télévision tels que Jean-Paul Fugère.
« Les téléthéâtres ont fait le prestige de la télévision de Radio-Canada et c’est en grande partie à Jean-Paul Fugère qu’on le doit. En effet, M. Fugère a réalisé une centaine de téléthéâtres au cours des quarante dernières années. (…) Jean-Paul Fugère n’a cependant pas réalisé que des téléthéâtres, on lui doit aussi la signature des épisodes de la célèbre série de télévision La Famille Plouffe. [Il] n’a pas et ne veut pas de recette. Chaque oeuvre est un coup d’audace. Il invente, il fait éclater les artifices du studio, renouvelle le langage de la lumière et introduit des tournages extérieurs à une époque où le matériel semble l’interdire. M. Fugère a allié dans son œuvre l’intelligence, la conscience sociale, la sensibilité, la rigueur (sans pour autant exclure l’humour) et un enthousiasme sans borne. Jean-Paul Fugère dit qu’il a toujours recherché « un art de pauvre ». De cet « art de pauvre », il a fait l’une des grandes richesses de la télévision québécoise. »
Tel que consulté le 20 janvier 2005 sur le site des réalisateurs de Radio-Canada: www.realisateur.com/public/templeRenommee.asp
Présent ici en partie le 24 nov. 2009 : http://realisateur.com/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=31
C'est ainsi, que s'il y a encore aujourd'hui au Québec, contrairement au Canada, une forte culture populaire, nous le devons en bonne partie à ce succès de notre télévision, dès les années 1950.
J'oublie ici il est vrai le cabaret et la variété qui y ont aussi fortement contribué, quoique de façon moins institutionnalisée. Il s’agit là cependant d’un tout autre sujet....